You Are the Music !
L'habit ne fait pas le moine, ce proverbe pourrait résumer le reggae de Matisyahu. Juif loubavitch pieux et pratiquant, il est aussi un roi du beat box fou amoureux du reggae. il cache derrière ses airs timides, sa barbe, son chapeau et ses lunettes, un flow hallucinant et un sens du rythme incontestable.
A la croisée des chemins, sa musique mêle reggae, ragga, hip hop et rock. A l'instar du Yusuf Islam post Cat Stevens, Matisyahu était déjà chanteur avant de connaître la révélation. Sa renaissance religieuse a d'abord eu pour conséquence une pause dans sa carrière musicale puis c'est sur les conseils de son rabbin qu'il a repris le micro. Loin de lui l'idée de prêcher la bonne parole à travers ses chansons. Comme Bob Marley il évoque sa foi mais s'adresse avant tout à ses frères humains. LeS dOiGtS bLeUs vous invite à découvrir cet artiste incroyable à travers une sélection de titres issus de son album Youth et de son live au Stubb's à Austin (Texas).
Il suffit d'écouter son duo avec le rappeur Yoni pour comprendre la force de Matisyahu. En direct d'Austin, sans filet et sans les habituelles retouches faites en studio, il livre au public trois impressionnantes minutes de beat box suivies d'un rap improvisé:
[...]
My mother sang songs in camps of concentration,
His mother sang songs inside the cotton plantations,
Her mother sang songs while we were robbing their nation,
now I sing songs for much more than just my occupation.
I'm the music
We are the music
I am the music
You are the music
Austin is the music
Texas is the music
We are the mu-sic
[...]
|
[...]
Ma mère chantait des chansons dans les camps de concentration,
Sa mère chantait des chansons dans les plantations de coton,
Sa mère chantait des chansons pendant que nous volions leur nation
et moi je chante des chansons bien plus que par profession.
Je suis la musique
Nous sommes la musique
Je suis la musique
Tu es la musique
Austin est la musique
Le Texas est la musique
Nous sommes la mu-sique
[...]
|
Jésus était un marin...
Leonard Cohen est certainement un des poètes les plus célèbres ou une des célébrités les plus poétiques de la deuxième moitié du vingtième siècle. On résume souvent à quelques chansons d'amour l'oeuvre d'un homme dont la passion a toujours été la poésie. Les médias occultent souvent ses années d'étude à Montréal où il publia plusieurs recueils de poésie ou ses années d'écriture et de voyage au cours desquels il écrivit des romans pour se concentrer sur sa musique.
Leonard Cohen est avant tout un homme des mots. Suzanne, ode dédiée à la femme de son ami sculpteur Armand Vaillancourt, porte aussi sur la ville natale de Cohen: Montréal.
Dans le livret de ses Greatest Hits, Leornard Cohen notait: "J'ai écrit ceci en 1966. Suzanne avait une chambre qui donnait sur le port de Montréal. Tout se déroula comme je l'ai écrit. [...] Son hospitalité était immaculée. [...] Les droits de publication furent volés à New York mais il vaut peut-être mieux que je ne possède pas cette chanson. L'autre jour j'ai entendu des gens la chanter dans un bateau sur la mer caspienne".
Après une description de Suzanne et l'ambiguité sans ambiguité de son hospitalité pleine d'amour, Leonard Cohen parle de la mer comme du lieu mystique où face à la mort, les hommes peuvent voir Dieu.
[...]
And Jesus was a sailor
When he walked upon the water
And he spent a long time watching
From his lonely wooden tower
And when he knew for certain
Only drowning men could see him
He said "All men will be sailors then
Until the sea shall free them"
But he himself was broken
Long before the sky would open
Forsaken, almost human
He sank beneath your wisdom like a stone
And you want to travel with him
And you want to travel blind
And you think maybe you'll trust him
For he's touched your perfect body with his mind.
[...]
|
Et Jésus était un marin
Quand il marcha sur l'eau
Et il passa longtemps à observer
Du haut de sa tour de bois solitaire.
Et quand il comprit
Que seuls les hommes sur le point de se noyer pouvaient le voir
Il déclara: "Tous les hommes seront des marins
Jusqu'à ce que la mer les libère".
Mais il était lui-même brisé
Bien avant que le ciel ne s'ouvre
Abandonné, presque humain
Il coula sous ta sagesse comme une pierre
Et tu veux voyager avec lui
Et tu veux voyager les yeux fermés
Et tu penses que tu lui feras peut-être confiance
Car il a sû toucher ton corps parfait
Avec son esprit
|
Pour toutes ces raisons et plein d'autres encore, LeS dOiGtS bLeUs radio ajoute avec plaisir cette chanson à sa playlist et vous invite à (re)découvrir la musique de Leonard Cohen.
Toucher le ciel
L'album Dark Side of the Moon est un des albums de rock les plus célèbres du vingtième siècle, pourtant une de ses plus belles chansons est souvent passée sous silence. Originellement intitulée 'the Religion Song', le grand gig dans le ciel ('the Great Gig in the Sky') est une collaboration entre le groupe et la chanteuse Clare Torry. Invitée à participer à la chanson, celle-ci n'en connut pas le thème jusqu'à la sortie de l'album. Ses vocalises improvisées furent enregistrées en seulement quatre prises, un dimanche. Les personnes dont les voix furent utilisées dans le morceau et dans le reste du disque ne savaient pas non plus à quoi les enregistrements allaient servir. Le chanteur Roger Waters les installait dans un studio sombre face à un micro et ils devaient répondre à des questions imprimées sur des fiches.
Ce que Roger Waters préparait, c'était un requiem rock. Les mots qui accompagnent les premières mesuresde la chanson donnent immédiatement le ton. Le portier irlandais des studios d'Abbey Road, Gerry Driscoll, explique "I am not frightened of dying, any time will do I don't mind. Why should I be frightened of dying, there's no reason for it, you've got to go some time". La mélodie douce et pénétrante du piano de Richard Wright à laquelle vient s'ajouter la voix envoûtante de Clare Torry font le reste. Un morceau hors du temps qui fait cohabiter une tristesse parfois déchirante avec une douceur réconfortante. Un grand concert dans le ciel... la mort rêvée des musiciens.
LeS dOiGtS bLeUs radio ajoute avec plaisir cette chanson à sa playlist et la dédie à toutes celles et ceux que nous aimions et qui sont partis écouter de grands concerts dans le ciel.
Walking on thin ice
Quand Yoko Ono sortit son single "Walking on thin ice" en 1981 avec la mention "for John" sur la pochette, la plupart des critiques pensèrent qu'il s'agissait d'une chanson écrite en hommage à John Lennon. Les paroles tristes évoquant une vie sur le fil du rasoir, les cris de douleur et de désespoir, tout dans cette chanson fait en effet penser au deuil de Yoko Ono.
Il en fut pourtant autrement. Après cinq années pendant lesquelles ils avaient officiellement arrêté la musique pour se consacrer à leur fils Sean (né en 1975), John et Yoko reprirent en 1980 le chemin des studios d'enregistrement. John n'avait jamais vraiment arrêté de jouer et de composer (comme le prouvèrent les maquettes dévoilées il y a quelques années par Yoko Ono) mais il n'avait sorti aucun album et donné aucun concert. C'est lors de vacances dans les Bermudes que John se décida à enregistrer un nouvel album. Pris d'une fougue créatrice, il en enregistra en fait un et demi en l'espace de quelques mois (l'album Double Fantasy et l'album inachevé Milk and Honey). Yoko reprit elle aussi le chemin des studios pour enregistrer plusieurs morceaux écrits en collaboration avec John, comme à l'époque du Plastic Ono Band. Le plus connu de ces morceaux est "Walking on thin ice" avec Yoko au chant accompagnée par John à la guitare. Travail de guitare qui fut d'ailleurs considéré par certains comme une des meilleures prestations de John Lennon. Le résultat est un mélange de musique expérimentale et de pop-rock bien ficelée avec une prestation troublante de Yoko. L'ironie du sort voulut que ce soit en rentrant du studio que John ait été assassiné le 8 décembre 1980. Il avait passé le week-end précédent à travailler sur cette chanson et mourut en serrant la version finale dans sa main.
Walking on thin ice fut le premier hit de Yoko Ono, propulsant sur le devant de la scène celle qu'on connaissait surtout comme la femme d'un ex-Beatle. En 2003, la chanson fit l'objet d'une dizaine de remixes. Elle fut de nouveau remixée par Jason Pierce pour l'album de remixes de Yoko intitulé "Yes I'm a Witch" et sorti en février 2007.
LeS dOiGtS bLeUs Radio ajoute l'original et le dernier remix à sa playlist et vous invite à (re)découvrir cette chanson touchante et inclassable.
Crackerbox Palace
A trente trois ans et un tiers, George Harrison enregistra le premier album de son label Dark Horse et l'appela tout naturellement "33 1/3". Cet album ne connut qu'un demi succès et valut un nouveau procès à un George Harrison déjà accablé par la justice (en raison d'une maladie, George Harrison ne put pas terminer son album à temps et son distributeur le poursuivit en justice).
Pour la première fois de sa vie seul maître à bord, puisque libéré de ses obligations avec ses anciennes maisons de disques, George choisit de réaliser un mini-film pour la chanson Crackerbox Palace qui devint le premier single de l'album. Il fut aidé pour cela par la fine équipe des Monty Pythons. Le résultat fut un clip drôle qui fait parfois penser au Magical Mystery Tour. Il fut diffusé pour la première fois lors d'une émission spéciale du Saturday Night Live (grande émission hebdomadaire américaine) dont George Harrison et Paul Simon étaient les invités.
Le mélange de messages philosophiques ("know that the lord is well and inside of you") et de formules absurdes ("I was so young when I was born") est typique de l'humour de George Harrison. Il ajoute dans le refrain "no matter where you roam, know our love is true" et répète "it's trou" avec un joli accent français.
Après avoir visionné le joli Monty Pythonesque clip de Crackerbox Palace on est en droit de se demander si le jeune Marilyn Manson n'était pas scotché à sa télé le jour de la première diffusion car le chanteur post-punk ressemble à s'y méprendre au Mr Greif du clip de George Harrison. La vie est pleine de mystères.
Nous ajoutons en tous les cas avec grand plaisir la balade Harrisonienne à la playlist des dOiGtS bLeUs et vous souhaitons une vie pleine de voyages de l'esprit!
Grenouille d'Amour
Bassiste du célèbre groupe rock Deep Purple, Roger Glover a signé en 1974 une oeuvre unique réunissant plusieurs autres artistes pratiquant d'habitude un rock plus "hard" (Eddie Hardin du Spencer Davis Group, Ian Gillan des Deep Purple et Ronnie James Dio qui rejoindra ensuite les Black Sabbath). Véritablement changement de registre, l'album intitulé Butterfly Ball (accompagné d'un film d'animation éponyme) est une contribution majeure au rock des années 70. On a bien connu en France la petite grenouille chanteuse de ce film régulièrement utilisée comme interlude par la chaîne Antenne 2 pour palier des difficultés techniques. La chanson phare de l'album contient un message simple mais puissant "Love is all" (l'amour est tout) porté par la belle interprétation de Ronnie James Dio et une musique chargée de bonne humeur. Preuve s'il en est que les méchants garçons du hard rock savent aussi parfois dire de jolis mots d'amour (sous pseudonyme).
Nous ajoutons avec enthousiasme "Love is all" à notre playlist et vous souhaitons à toutes et à tous une bonne écoute!
Unis dans la diversité
Idole folk des seventies, Cat Stevens s'appelle désormais Yusuf Islam et est devenu l'une des personnalités les plus influentes de la communauté musulmane de Grande Bretagne.
Après avoir quitté le monde de la musique pour se consacrer à la création d'une école coranique et à des projets humanitaires, Yusuf Islam est revenu à petit pas vers ses premiers amours. Fin 2006 il a présenté son premier album solo intitulé "An other cup" après un silence de près de trente ans.
Adulé lorsqu'il était Cat Stevens puis traîné dans la boue après sa conversion à l'islam, Yusuf Islam semble pourtant avoir toujours su garder le sens de la mesure des choses. Superstar collectionnant les disques d'or et de platine il habitait encore chez ses parents à Londres, écrivant ses chansons dans sa chambre. Fraîchement converti il n'hésite pas à quitter du jour au lendemain le monde la musique pour se lancer dans des projets difficiles. Yusuf islam incarne cet islam moderne qui mêle traditions et droits de l'homme, mysticisme et amour de son prochain. LeS dOiGtS bLeUs Radio ajoute donc avec plaisir à sa playlist d'anciennes et de nouvelles chansons de Cat Stevens / Yusuf Islam.
Chanter la liberté
Bob Marley est à l'honneur sur notre antenne ce mois-ci pour nous rappeler que la liberté n'est pas quelque chose d'acquis mais qu'elle se gagne tous les jours.
Comme il le dit dans Redemption song:
"Ne voudrais tu pas m'aider à chanter ces chansons de liberté ?
Parce que tout ce que j'ai ce sont des chansons de rédemption.
(...)
Emancipez-vous de l'esclavage mental,
Personne d'autre que nous-mêmes ne peut libérer nos esprits"
A l'heure où certains veulent tourner la page de Mai 68 et oublier que la France est non seulement de toutes les couleurs mais que sa culture est protéiforme, LeS dOiGtS bLeUs radio continue de vous proposer des programmes et des musiques qui titillent l'esprit et inspirent l'âme. Nous ajoutons donc gaiement à notre playlist la fameuse Redemption song en songeant au fameux proverbe jamaïcain: one Bob Marley song a day keeps the doctor away.
Ma France à moi
LeS dOiGtS bLeUs Radio n'a pas vocation à soutenir tel ou tel parti politique. Nous pensons toutefois que prendre part à la vie de la société est en soi quelque chose de politique.
Participant nous aussi, à notre petite échelle, au débat électoral français nous vous proposons une sélection de chansons engagées.
Aux côtés des Wampas et de leur fameux Chirac en Prison ou de la Marseillaise de Gainsbourg c'est la rappeuse Diam's que nous avons choisi d'ajouter à notre playlist ce mois-ci. Vous pourrez entendre plusieurs de ses chansons régulièrement sur notre antenne, notamment un morceau intitulé Ma France à moi parlant de mixité sociale. Nous diffuserons également Marine nouvel hymne de résistance au Front National.
Diam's a dans ses mots une force et une authenticité que la médiatisation et le succès commercial n'ont jamais amoindries.
Aux armes et caetera
En France, au plein milieu de la campagne présidentielle, les candidats se déchirent actuellement pour savoir s'il faut aimer ou détester l'hymne national: la marseillaise. Une bonne partie du temps de parole des candidats (qui est décompté et limité) a été consacrer à débattre sur ce sujet au lieu de parler de chômage, d'économie, de relations internationales...
Les candidats les mieux placés dans les sondages ont tous exprimé leur respect pour la marseillaise. A l'origine de toute cette polémique, la candidate socialiste Ségolène Royal a même expliqué que rejeter la marseillaise à cause de la violence de ses paroles serait un "contresens historique".
L'hymne composé à l'époque de la révolution française contient en effet quelques couplets aux propos plutôt agressifs (notamment quand il s'agit de faire en sorte "qu'un sang impur abreuve nos sillons").
Association articulturellistique engagée pour la promotion de la non-violence et du pacifisme, nous avons cru important de réagir à ce débat. A l'heure où tout le monde y va de son bon mot sur l'identité nationale française nous souhaitons rappeler que la France est un pays carrefour, une terre de mélanges et que son identité est multiculturelle.
Nous avons aussi décidé de diffuser régulièrement la marseillaise sur notre antenne. Mais pas celle des candidats, pas celle des cérémonies officielles, celle de l'amour et du reggae: la version de Serge Gainsbourg. Gainsbourg a su transformer ce vieil air guerrier en une chanson gaie et chaleureuse,il en a fait un hymne au métissage et à la fraternité.
Radio Libre
Pourquoi avez-vous créé une radio? Cette question on nous la pose si souvent que nous pensions qu'il fallait clarifier notre réponse. Créer une radio signifiait pour nous créer un espace complètement libre d'expression sonore. Tout comme nos sites sont complètement libres, nous voulions créer une radio où on pourrait parler de tout, n'importe quand, à n'importe quelle heure, même si ça ne vend pas, même si ça n'intéresse que peu de gens, même si ça fait hérisser les poils de beaucoup d'autres gens. Nous voulions pouvoir diffuser toutes sortes de musiques, prendre le temps de parler, de débattre, quitte à ce que les débats durent des heures et des heures. Nous voulions créer une radio libre parce qu'aujourd'hui de moins en moins d'espaces libres existent dans les médias. Nous avons été (et nous sommes) régulièrement interviewés sur tel ou tel thème, mais tout est chronométré, limité, cadré, de sorte qu'on ne peut pas dire grand chose de plus que ce que les journalistes ont déjà prévu que l'on dise.
Pour que les cerveaux s'oxygènent il faut de la diversité culturelle, il faut toutes sortes d'émissions, de chroniques, de débats, de musiques. Pour que cette diversité culturelle existe, il faut lui faire de la place. C'est ce que nous cherchons à faire à travers LeS dOiGtS bLeUs Radio et plus largement à travers les activités de notre association (qui n'est pas seulement une radio).
Pour rappeler tout cela à nos auditeurs, nous avons choisi de diffuser régulièrement une belle chanson de Nino Ferrer datant de 1982 et intitulée Télé Libre. En voici les paroles:
Il faut que toutes les musiques
Et que toutes les opinions
Puissent se faire entendre, même si
L'indice d'écoute est à zéro
Il faut que ce soit nous
Qui puissions faire le choix
Sinon nous ne sommes pas libres
Sinon ce que l'on nous impose
Est un produit quelconque
Par des industriels
Qui font du marketing
Ils n'aiment pas la musique
Ils n'y comprennent rien
Tout ce qu'ils aiment bien
C'est ce qu'ils reconnaissent
Alors ils se partagent
Les poires et les fromages
Et ça fait bien vingt ans
Que c'est eux qu'on entend.
Bouvard et Pécuchet
Tartuffe et compagnie.
On veut pouvoir entendre
Ce qui nous fait vibrer
On veut pouvoir parler
De ce qui nous concerne
Même si ça s'appelle sexe
Drogue, ou bien désespoir.
La musique c'est tellement beau
Ça vibre
Ça te déchire les fibres
Ça te fait sentir libre
C'est comme être amoureux
Ça t'emplit, ça t'enivre
Mais ça s'apprend aussi
Comme l'amour ou la vie
Si, depuis qu'on est môme
On n'entend que de la soupe
On ne voit que de la merde
On devient vite des cons
Abrutis de rengaines.
Il faut la radio libre
Il faut la télé libre
Il faut que ce soit libre.
(Paroles de Nino Ferrer et A. Lecocq)
Nous avons découvert cette chanson à travers le site Rézolibre (dont le nom est un hommage à Ferrer).
|