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Interview exclusive : André Malraux
Interview exclusive : André Malraux
C'est grâce à notre médium, Professeur Syvlain Menestrier que nous entrons régulièrement en contact avec des stars du monde entier pour des interviews exclusives. Monsieur Menestrier est diplômé du célèbre Seattle Institute of Parapsychology. Il enseigne depuis huit ans à l'université de Berkeley en Californie et offre des consultations individuelles dans son cabinet.
André Malraux est né à Paris en 1901 et mort dans le neuf-quatre en 1976 (jusque là, rien de très original). Entre les deux, il a fait plein de choses sympas, comme écrire des livres, voler des statues en Indochine, bouter les allemands hors de France et être Ministre de la culture. Et aujourd'hui, quoi de neuf docteur Malraux ?
 LDB : André Malraux, c'est avec un extrême honneur que j'ai le plaisir de m'entretenir avec vous aujourd'hui et que je vous adresse solennellement un fraternel « bonjour »
AM : Salut mon loulou.
LDB : Diantre, je ne m'attendais pas de votre part à une telle familiarité…
AM : J'ai passé ma vie à suer sang et eau pour faire des belles phrases, bien pompeuses comme on les aimait à l'époque. Alors maintenant que j'suis mort, faut bien s'lâcher un peu.
LDB : Et bien soit, lâchons-nous. Alors, André, quelle est ton actu ?
AM : L'été dans les sous-sols du Panthéon, c'est vraiment glauque. Des milliers de touristes américains qui vocifèrent et des japonais qui oublient d'éteindre leur portable aux sonneries ridicules. On peut même plus dormir tranquille.
LDB : En hiver, l'ambiance est meilleure ?
AM : Ouais, on's fait des soirées raclette avec Jean-Jacques (Rousseau, NDLR), et Mimile (Emile Zola, NDLR). Et le 25 décembre, la Curie s'déguise en mère Noël.
LDB : Dans son dernière opus, « la Possibilité d'une île », Michel Houellebecq te qualifie d' « écrivain pompier ». Quelle est ta réaction ?
AM : Cette petite racaille nietzschéenne est surtout jaloux que j'ai eu l'idée d'intituler un bouquin « la Condition humaine » avant lui. Faut dire que ça a de la gueule comme titre, même si les siens sont bien trouvés aussi. Et puis, mes scènes érotiques de « la Voie royale » ont quand même plus d'allure que ses descriptions de club échangiste, non ? Ecoute-moi ça : « Elle s'étendit, déshabillée, son corps flou dans la pénombre marqué par l'infime naissance du sexe et les yeux auxquels il restait attaché, pas encore las d'y chercher en vain la prenante déchéance de la nudité. Elle les ferma pour fuir la domination qui naissait de ses sentiments inexplicables ; habituée au désir des hommes, mais fascinée par l'atmosphère qui naissait, dans cet absolu silence, du regard qui ne quittait plus le sien, elle attendait ».
LDB : C'est magnifique, mais sans vouloir te vexer, tu aurais totalement sombré dans l'oubli si tu n'avais été redécouvert par les Doigts bleus, qui ont régulièrement mis en avant certaines de tes aphorismes et se réclament de certains de tes principes.
AM : C'est vrai. Les Doigts bleus, je vous aime. Continuez !
LDB : Penses-tu qu'il faille introduire les moyens de l'art dans la vie non pour en faire davantage de l'art mais pour en faire davantage la vie ?
AM : … ??!!!???
Vous pouvez répéter la question ?
LDB : Quel message aimerais-tu laisser aux lecteurs des Doigts bleus ?
AM : De l'Espoir…
LDB : En un mot, les Doigts bleus, pour toi, qu'est-ce que c'est ?
AM : Un musée imaginaire.
LDB : André, quel est ton prénom préféré ?
AM : André.
LDB : André Malraux, merci. On va te regretter.
AM : « Il faut aimer les vivants et non les morts ». Et merci à vous, ça me fait du bien de parler de temps en temps.
Propos recueillis par F.J. Von Paris pour LeS dOiGtS bLeUs
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